Trouvez la version anglaise ici

Le secteur de l’énergie étant une industrie à prédominance masculine, il est devenu évident que les femmes ont un rôle de plus en plus important à jouer dans l’avenir énergétique de l’Afrique. C’est pourquoi MSGBC Oil, Gas & Power 2021 a organisé un séminaire dédié aux femmes dans le secteur du pétrole et du gaz, qui a abordé les défis auxquels les femmes sont confrontées tout en proposant des solutions essentielles pour favoriser leur inclusion.

Parmi les intervenantes figuraient Cissoko Niasse, fondatrice et PDG de l’Académie du pétrole et du gaz du Sénégal ; Oumy Khairy Diop, Directrice Stratégie et Régulation, Ministère du Pétrole et de l’Energie du Sénégal ; Rokhaya Fall, Présidente de la Plateforme des femmes africaines pour le développement de l’économie solidaire et sociale ; Rebecca king, Vice-Présidente Production pour la Mauritanie et le Sénégal à BP et moderé par Onyeka Cindy Ojogbo, Avocate en Énergie et Projets, Centurion Law Group ; a fourni un aperçu critique des défis auxquels sont confrontées les femmes dans l’industrie, des solutions pour l’inclusion des femmes et du rôle que les femmes ont et continuent de jouer dans la croissance énergétique de l’Afrique.

L’une des principales conclusions du séminaire est que le manque de diversité et d’inclusion dans l’industrie énergétique africaine commence à un niveau primaire.

“Si l’on regarde les statistiques, il est clair que beaucoup de ces jeunes filles qui ont de très bons résultats dans leurs études, ne poursuivent pas ces types d’emplois parce qu’elles ne sont pas guidées vers cela, elles ne sont pas dirigées vers ces domaines par leurs familles et leurs enseignants, et cela doit aussi changer,” a renforcé Oumy Khairy Diop, Directrice de Stratégie et Régulation, Ministère du Pétrole et de l’Energie, Sénégal.

En outre, comme il est clair que les femmes sont largement sous-représentées dans le secteur, les intervenantes ont exploré certains des obstacles qui empêchent les femmes d’entrer dans le secteur, puis de progresser une fois qu’elles y sont entrées. Parmi les principales conclusions du séminaire, nous pouvons citer la nécessité d’enlever les barrières qui empêchent l’épanouissement des femmes dans le secteur.

“Les défis de la participation des femmes se trouvent dans la plus petite des choses. Une plate-forme pétrolière et gazière est un environnement risqué dans lequel travailler. Nous devons porter des vêtements appropriés et des gants pour des raisons de sécurité. Eh bien, traditionnellement, cet équipement est conçu pour les hommes. Je n’ai jamais été en mesure de trouver des gants pour ma taille, et cela représente un problème de sécurité et un problème évidemment simple à résoudre mais qui représente toujours un obstacle à la participation des femmes”, a partagé Rebecca King, Vice-Présidente Production pour la Mauritanie et le Sénégal à BP.

Par ailleurs, le séminaire a souligné le rôle que jouent les hommes dans la promotion d’une visibilité et d’une inclusion accrues des femmes. Si l’industrie veut voir des progrès en matière d’égalité des chances et de participation, les hommes et les femmes doivent jouer un rôle déterminant pour faire tomber les barrières.

“Il est clair que l’industrie prend conscience de la nécessité d’un leadership féminin dans le secteur de l’énergie. Les entreprises et les hommes eux-mêmes constatent le besoin de plus en plus de femmes leaders dans plusieurs secteurs différents et les femmes prennent de plus en plus de postes de direction, ce qui est rassurant,” a dit Aissatou Cissoko Niasse, Fondatrice et PDG, Académie du pétrole et du gaz du Sénégal.

Enfin, une fois dans l’industrie, les femmes continuent à faire face à des défis importants, notamment en matière de financement. Le séminaire a donc exploré les problèmes auxquels sont confrontées les femmes d’affaires et les femmes entrepreneurs quant au manque d’accès au capital et au financement des projets dirigés par des femmes. En outre, les intervenants ont suggéré des moyens de remédier à ces problèmes, en soulignant qui devrait être tenu responsable de cette discrimination.

Oumy Khairy Diop, Directrice de stratégie et de régulation au ministère sénégalais du pétrole et de l’énergie, a débattu la question des quotas de femmes dans le secteur.

“Plus que réglementation, nous avons besoin de programmes. Programmes pour promouvoir la participation. Ce n’est qu’après que nous verrons si le cadre réglementaire doit être modifié. Je crois aux quotas pour les femmes dans l’industrie, mais uniquement en tandem avec des programmes qui encouragent la participation des femmes dans ce secteur,” a-t-elle dit, tandis que Cany Jobe, directrice de l’exploration à la GNPC, Gambie, a souligné la nécessité de s’attaquer aux préjugés profondément enracinés concernant la participation des femmes dans le secteur.

“Il y a aussi un certain nombre de préjugés qui doivent encore être combattus. On me dit souvent que je ne ressemble pas à un ingénieur, mais à quoi ressemble un ingénieur ? Ces stéréotypes doivent être brisés et pas seulement par les hommes, mais aussi par les femmes,” a-t-elle conclu.