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La Côte d’Ivoire accélère les projets de développement des infrastructures énergétiques dans le but de diversifier son bouquet énergétique, de développer son réseau électrique, d’attirer des investissements durables et de stimuler la croissance socio-économique.

Découverte de pétrole et de gaz par Eni

La dernière découverte de pétrole et de gaz de l’Eni dans les eaux offshore de la Côte d’Ivoire devrait considérablement stimuler la production nationale de pétrole et de gaz dans un avenir proche. Découvert en septembre 2021, Eni a déclaré que les tests et l’échantillonnage des fluides ont donné des résultats favorables et qu’elle a lancé des études pour un ” développement accéléré ” du champ, situé sur le bloc CI-101. Selon les estimations, les réserves du champ se situent entre 1,5 et 2 milliards de barils de pétrole et environ 1,8 à 2,4 trillions de pieds cubes de gaz.

Centrale électrique Biomasse de Biovea Energie

La Côte d’Ivoire s’apprête à construire la première centrale électrique biomasse d’Afrique, à 100 km à l’est d’Abidjan. Le projet sera réalisé puis exploité par Biovea Energie, une société de droit ivoirien détenue par les sociétés françaises EDF, Meridiam et Biokola. Elle sera financée en partie par le consortium susmentionné, à hauteur d’environ 22 millions d’euros, et par Proparco, une filiale de l’Agence française de développement pour le secteur privé, et le Fonds d’infrastructure pour l’Afrique émergente, par le biais d’un prêt de 165 millions d’euros et d’une subvention de 13 millions d’euros.

Une fois achevée, la centrale aura la capacité de produire 336 GWh d’énergie par an, alimentant ainsi 1,7 million de personnes par an. Le combustible de biomasse nécessitera 450 000 tonnes de déchets de palmiers, provenant principalement de petits agriculteurs, ce qui permettra de promouvoir le secteur agricole et d’augmenter de 20 % le revenu annuel d’environ 12 000 agriculteurs. De plus, la construction de l’usine créera 500 emplois et 1 000 autres postes permanents après sa réalisation. Le projet vise à lutter contre la déforestation et l’agriculture extensive par la promotion de bonnes pratiques agricoles et l’augmentation du rendement des cultures.

Le projet devrait permettre de réduire les émissions de CO2 de 340 000 TEQ par an. La construction de l’usine a commencé en septembre et son ouverture est prévue pour septembre 2024.

Centrale hydroélectrique Singrobo

Dans le but de diversifier son bouquet énergétique, le pays inaugurera en 2023 une nouvelle centrale hydroélectrique de 44 MW, baptisée Singrobo, au sud-est de Yamoussoukro, sur la rivière Bandama. Le coût total du projet s’élève à 195 millions d’euros et est parrainé par un consortium comprenant IHE Holding, la Banque africaine de développement et la Société allemande d’investissement. L’entreprise française de génie civil Eiffage s’est vu attribuer le contrat de construction de la centrale électrique, qui comprend la construction d’un barrage mixte en roche et en béton avec un réservoir de 105 millions de m3, ainsi qu’un canal de décharge, une ligne de raccordement au réseau et à la centrale électrique de 3 km, un poste de commutation de 90 kV et des routes d’accès.

Singrobo aura la capacité de fournir 217 GWh d’électricité par an et permettra de réduire les émissions de CO2 de 124 000 tonnes par an. Une fois achevé, le projet sera le premier projet hydroélectrique IPP d’Afrique de l’Ouest. La production d’énergie sera vendue dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité de 35 ans à la Compagnie Ivoirienne d’Électricité.

Centrale thermique Antikou “CIPREL V”

La centrale thermique Atinkou “CIPREL V” de 390 MW devrait être opérationnelle en 2024 et remplacera les centrales en difficulté d’Aggreko (200 MW), de Vridi (100MW) et de Ciprel I (99W). La centrale sera alimentée au gaz naturel et utilisera la technologie du cycle combiné, produisant ainsi de l’énergie plus efficacement.

En outre, la Côte d’Ivoire vise à stimuler les exportations d’énergie grâce à la production de la centrale, tout en répondant aux besoins de base du pays. La phase de construction a permis la création d’environ 800 emplois et permettra de créer 75 postes permanents pendant l’exploitation. Le coût total du projet est estimé à 404 millions d’euros.

Développement des centrales solaires photovoltaïques

En 2019, la Côte d’Ivoire et la Société financière internationale (SFI), la filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, ont signé un accord pour le lancement de Scaling Solar, une initiative qui vise à faciliter les investissements privés dans des projets de développement de l’énergie solaire sur les marchés émergents. La construction de deux parcs solaires de 60 MW chacun sera située à Laboa dans le nord-est du pays et une autre à Touba dans le département de Mbacké au centre-ouest. En juin 2021, le gouvernement ivoirien a lancé la préqualification pour le financement, la construction et l’exploitation des deux centrales solaires. Les producteurs indépendants d’électricité sélectionnés seront chargés de la construction et de l’exploitation des centrales pour une période de 25 ans. L’énergie produite sera vendue dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité avec la Compagnie Ivoirienne d’Électricité.